Origine · Afrique du Sud — région floristique du Cap, notamment les montagnes du CederbergPlante africaine
L’histoire de la plante
Contrairement à ce que son appellation courante de « thé rouge » pourrait laisser penser, le rooibos n’est pas un véritable thé. Il n’appartient pas à l’espèce Camellia sinensis, dont sont issus le thé vert, le thé noir et le thé blanc, mais à la famille botanique des Fabaceae.
Naturellement dépourvu de caféine et généralement moins riche en tanins que le thé, il offre une infusion douce et peu amère.
L’histoire du rooibos est intimement liée à celle du Cederberg, une région montagneuse située dans la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud. Bien avant le développement de sa culture commerciale, les populations autochtones de cette région récoltaient déjà Aspalathus linearis pour en préparer une boisson par infusion.
Les jeunes rameaux et les feuilles étaient traditionnellement récoltés, coupés et meurtris, puis laissés à s’oxyder avant d’être séchés au soleil. Ce procédé est à l’origine de la couleur rouge-brun et des notes aromatiques caractéristiques du rooibos aujourd’hui le plus répandu.
À partir du début du XXe siècle, sa culture et sa commercialisation se sont progressivement développées. D’une boisson profondément ancrée dans son territoire d’origine, le rooibos est ainsi devenu l’une des plantes emblématiques de l’Afrique du Sud et une infusion appréciée dans de nombreuses régions du monde.
Malgré cette diffusion internationale, sa culture reste étroitement liée aux conditions particulières de son territoire sud-africain, rappelant que chaque tasse de rooibos porte avec elle une part des paysages du Cederberg.
Portrait botanique
Le rooibos est un arbuste vivace originaire d'Afrique du Sud pouvant atteindre environ 2 mètres de hauteur.
Ses rameaux portent de fines feuilles vertes, linéaires et presque en forme d'aiguilles. Au printemps et au début de l'été austral apparaissent de petites fleurs jaunes caractéristiques de la famille des Fabacées. Les fruits sont de petites gousses contenant généralement une ou deux graines.
À l'état naturel, Aspalathus linearis pousse principalement dans les régions montagneuses du sud-ouest de l'Afrique du Sud. Les formes utilisées pour la production du rooibos sont particulièrement associées au Cederberg et adaptées à des sols sableux relativement pauvres.
Usages traditionnels
Le rooibos est avant tout une boisson traditionnelle sud-africaine.
Les rameaux et feuilles sont préparés en infusion et consommés aussi bien chauds que froids. Son absence naturelle de caféine permet notamment de le consommer à différents moments de la journée et par les petits comme les grands.
En Afrique du Sud, le rooibos possède également une longue tradition d'usage familial. Il a notamment été traditionnellement donné aux nourrissons pour apaiser les coliques infantiles.
Au fil du temps, différents usages liés au bien-être lui ont également été attribués dans les pratiques populaires sud-africaines. Ces usages traditionnels ne constituent toutefois pas, à eux seuls, la démonstration d'un effet thérapeutique.
Usages documentés
Après la récolte, le rooibos peut être travaillé de deux manières principales.
Le rooibos rouge, qui est le plus répandu, subit une étape d’oxydation. Les jeunes rameaux et les feuilles sont coupés et meurtris, puis exposés à l’air avant d’être séchés. Cette transformation développe leur couleur rouge-brun ainsi que leurs notes douces, rondes et légèrement boisées.
Le rooibos vert n’est pas oxydé. Il est séché rapidement après la récolte afin de limiter les transformations naturelles des feuilles. Il conserve ainsi une couleur plus végétale, une saveur généralement plus fraîche et une composition différente.
Le rooibos contient plusieurs familles de composés polyphénoliques, parmi lesquelles des flavonoïdes. On y retrouve notamment :
• De l’aspalathine, un flavonoïde particulièrement caractéristique du rooibos ;
• De la nothofagine ;
• De l’orientine et de l’isoorientine ;
• De la quercétine et différents dérivés flavonoïdiques ;
• D’autres composés phénoliques présents dans des proportions variables.
Le rooibos est naturellement dépourvu de caféine. Il présente également une teneur en tanins généralement plus faible que celle du thé issu de Camellia sinensis.
L’oxydation influence sa composition. Le rooibos vert conserve généralement davantage d’aspalathine et de certains autres polyphénols, tandis que la transformation du rooibos rouge modifie une partie de ces constituants tout en développant sa couleur et son profil aromatique caractéristiques.
La composition exacte peut également varier selon la forme de la plante, le territoire de culture, les conditions environnementales, la période de récolte ainsi que les méthodes de transformation et de conservation.
Le rooibos fait aujourd’hui l’objet de différentes recherches en raison de sa composition particulière en polyphénols. Les travaux expérimentaux et cliniques se sont notamment intéressés au statut antioxydant, au métabolisme du glucose et des lipides, à certains marqueurs cardiovasculaires et métaboliques ainsi qu’aux mécanismes liés à l’inflammation et au stress oxydatif.
Une revue exploratoire publiée en 2023 a recensé dix-huit publications portant sur un total de 488 participants. Certains résultats observés chez l’être humain apparaissent intéressants, mais les auteurs soulignent le faible nombre de participants, la diversité des formes et des quantités de rooibos employées ainsi que l’hétérogénéité des protocoles.
Une revue systématique publiée en 2024, appliquant des critères de sélection plus stricts, n’a retenu que huit études réunissant 175 participants. Elle conclut que les données disponibles restent limitées et variables et que des études cliniques de plus grande ampleur sont encore nécessaires.
Une grande partie des connaissances consacrées au rooibos provient par ailleurs de recherches réalisées sur des cellules, des animaux ou des extraits concentrés.
À savoir : la présence d’un constituant dans les feuilles et les rameaux ne signifie pas qu’il passe intégralement dans l’eau ni dans les mêmes proportions. La composition d’une infusion dépend notamment de la quantité de rooibos utilisée, de la température de l’eau et du temps d’extraction.
Ces résultats constituent donc des pistes de recherche. Ils ne démontrent pas qu’une infusion de rooibos prévient ou traite une maladie.
De la terre à Racines d’Afrique
Le rooibos sélectionné par Racines d’Afrique est cultivé et récolté en Afrique du Sud, terre d’origine de cette plante emblématique.
Après la récolte, ses jeunes rameaux et ses feuilles sont coupés puis soumis à une étape d’oxydation qui développe leur couleur rouge-brun, leur rondeur et leurs notes doucement boisées.
Chez Racines d’Afrique, le rooibos est apprécié pour sa douceur, son absence naturelle de caféine et sa capacité à accompagner harmonieusement les plantes, les fleurs, les fruits et les épices. Il constitue une base particulièrement intéressante pour imaginer des créations aux univers très différents.
Son choix raconte aussi l’essence de Racines d’Afrique : faire dialoguer une plante emblématique d’Afrique australe avec des ingrédients venus d’autres territoires et créer de nouvelles rencontres dans la tasse.