Hibiscus

Hibiscus

Hibiscus sabdariffa L

Origine · Afrique tropicale occidentale jusqu’au SoudanPlante africaine

L’histoire de la plante

Peu de plantes donnent naissance à une boisson aussi immédiatement reconnaissable. Dès que ses calices rencontrent l’eau, l’hibiscus rouge déploie une couleur profonde, allant du rubis au pourpre, accompagnée d’une saveur vive et acidulée. L’origine exacte de l’hibiscus rouge a longtemps fait l’objet de discussions dans la littérature botanique. Plusieurs sources anciennes évoquent une origine africaine sans pouvoir la situer précisément. La classification botanique actuellement retenue par Kew rattache Hibiscus sabdariffa à Sabdariffa gossypiifolia, dont l’aire indigène s’étend de l’Afrique tropicale occidentale jusqu’au Soudan. Au fil des déplacements humains et des échanges entre les territoires, la plante s’est diffusée dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales. Elle est aujourd’hui cultivée en Afrique de l’Ouest et de l’Est, en Égypte, au Soudan, en Inde, en Asie du Sud-Est, dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Elle apprécie la chaleur, la lumière et les sols bien drainés. Sa floraison et le développement de ses calices sont notamment influencés par la durée du jour, la température, les précipitations et les conditions de culture. Cette large diffusion a donné naissance à une grande diversité de noms et de traditions. En Afrique de l’Ouest, les calices rouges servent à préparer le bissap, une boisson consommée au quotidien comme lors des fêtes, des cérémonies et des moments de partage. Sa préparation varie selon les pays, les régions et les familles. Le bissap peut être préparé seul ou associé à de la menthe, du gingembre, des épices, des agrumes ou d’autres ingrédients aromatiques. Il est généralement sucré et servi très frais. Au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Ghana ou encore au Nigeria, la boisson porte différents noms et se décline selon de nombreuses traditions locales. En Égypte et au Soudan, elle est connue sous le nom de karkadé et se boit chaude ou froide. Dans les Caraïbes, le sorrel, aussi appelé groseille-pays, est notamment préparé avec des épices pendant les fêtes de fin d’année. Au Mexique, l’agua de Jamaica fait partie des boissons populaires du quotidien. Il n’existe donc pas une seule manière de préparer l’hibiscus rouge. Chaque territoire s’est approprié sa couleur, son acidité et son caractère rafraîchissant, en y associant ses propres gestes, ingrédients et occasions de partage. Chez Racines d’Afrique, l’hibiscus rouge occupe une place naturellement centrale : il raconte à la fois un patrimoine végétal africain, une culture de la boisson et la capacité des plantes à créer des liens entre les peuples.

Portrait botanique
L’hibiscus rouge est une plante herbacée dressée pouvant atteindre environ deux à trois mètres de hauteur dans des conditions favorables. Ses tiges sont robustes, ramifiées, vertes ou teintées de rouge. Ses feuilles, alternes et dentées, peuvent être entières sur les parties basses de la plante puis devenir divisées en plusieurs lobes plus haut sur les tiges. Les fleurs apparaissent à l’aisselle des feuilles. Elles possèdent généralement cinq pétales jaune pâle ou crème, souvent marqués d’une zone rouge sombre à leur base. Après la floraison, le calice qui entourait la fleur continue de se développer. Il devient épais, charnu et rouge, enveloppant une capsule contenant les graines. Contrairement à une expression très répandue, la partie utilisée pour préparer le bissap n’est donc pas constituée des pétales de la fleur, mais principalement de ses calices charnus séchés. Il existe plusieurs cultivars et formes de roselle dont la couleur, la taille des calices, le rendement et la composition peuvent varier. Les formes rouges ne doivent pas être automatiquement assimilées aux cultivars à calices blancs ou très pâles.
Usages traditionnels
Au-delà de son usage alimentaire, l’hibiscus rouge occupe une place dans différentes traditions végétales d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et des Caraïbes. Les calices sont traditionnellement utilisés dans des boissons associées au rafraîchissement, à l’élimination urinaire et au confort digestif. Certaines traditions rapportent également leur consommation dans le cadre de la circulation et de la pression artérielle, ainsi que lors d’états fébriles. Les feuilles, les graines et d’autres parties de la plante connaissent également différents usages alimentaires ou traditionnels. Leur composition et leurs modes de préparation ne sont toutefois pas identiques à ceux des calices rouges. Ces informations décrivent l’histoire culturelle et ethnobotanique de la plante. Elles ne signifient pas qu’une infusion d’hibiscus puisse prévenir, traiter ou guérir une maladie.
Usages documentés
Les calices rouges de l’hibiscus contiennent notamment : • Des acides organiques, parmi lesquels l’acide hibiscique, l’acide citrique et l’acide malique ; • Des anthocyanes, principalement des dérivés de la delphinidine et de la cyanidine • Des flavonoïdes et d’autres composés phénoliques • Des polysaccharides, des pectines et des mucilages • Différents minéraux • De la vitamine C, dont la teneur peut varier fortement selon la variété, la récolte, le séchage, la conservation et la préparation. Les anthocyanes sont les pigments qui donnent aux calices leur couleur rouge caractéristique. Leur stabilité dépend notamment de la température, de la lumière, du pH et de la durée de conservation. Les acides organiques expliquent, quant à eux, la saveur naturellement vive et acidulée de la boisson. La quantité de ces constituants varie selon le cultivar, le territoire, les conditions de culture, la maturité des calices, le séchage et la méthode d’extraction. Les calices de l'Hibiscus sabdariffa ont fait l’objet de nombreuses recherches en laboratoire, sur des modèles animaux et dans plusieurs études menées chez l’être humain. Les travaux se sont notamment intéressés : • À leur composition en anthocyanes, en polyphénols et en acides organiques • À leur activité antioxydante mesurée en laboratoire • À leurs effets possibles sur la pression artérielle • Au métabolisme des lipides et du glucose • À l’élimination urinaire • À différents marqueurs inflammatoires et métaboliques. Plusieurs essais cliniques et revues scientifiques ont observé une diminution de la pression artérielle dans certaines populations ayant consommé des préparations à base d’hibiscus. Les résultats varient toutefois selon la préparation, la quantité utilisée, la durée de consommation et le profil des participants. Ces travaux ne permettent pas de présenter une infusion alimentaire comme un traitement contre l’hypertension. Une personne souffrant d’hypertension ou suivant un traitement doit conserver son suivi médical et ne jamais modifier sa médication sur la base de la consommation d’une plante. Les autres effets étudiés dépendent eux aussi des extraits, des quantités et des protocoles employés. Ils doivent être considérés comme des pistes de recherche et non comme des promesses thérapeutiques. À savoir : la présence d’un composé dans le calice ne signifie pas qu’il passe intégralement dans l’eau. Une infusion alimentaire ne possède pas nécessairement les mêmes caractéristiques qu’un extrait concentré utilisé dans une étude scientifique.

De la terre à Racines d’Afrique

L’hibiscus rouge sélectionné par Racines d’Afrique est cultivé et récolté au Burkina Faso. Une fois arrivés à maturité, les calices charnus sont séparés des capsules, puis séchés afin de permettre leur conservation. Leur qualité dépend notamment du soin apporté à la récolte, au séchage, au tri et au stockage. Cette origine burkinabè possède une signification particulière pour Racines d’Afrique. Elle relie la plante à un territoire cher à sa fondatrice et à une culture de la boisson dans laquelle le bissap accompagne depuis longtemps le quotidien et les moments de partage.

Illustration botanique de Hibiscus

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