Origine · Plante européenne — régions tempérées hémisphère NordPlante européenne
L’histoire de la plante
L’aubépine accompagne les sociétés humaines depuis des siècles. Caractéristique des régions tempérées de l’hémisphère Nord, elle est particulièrement répandue en Europe, où elle pousse spontanément dans les haies, les lisières de forêts, les friches et les terrains ensoleillés.
Rustique et résistante au froid, elle fait depuis très longtemps partie des paysages ruraux européens. Ses branches épineuses ont notamment été utilisées pour constituer des clôtures naturelles, tandis que son bois, particulièrement dur, a servi à différents usages artisanaux.
Sa floraison blanche et abondante, qui illumine les haies au printemps, lui a également donné une place particulière dans les traditions populaires. Dans certaines régions d’Europe, l’aubépine était considérée comme une plante protectrice et ses fleurs étaient associées à la pureté.
Elle occupe aussi une place singulière dans le folklore celtique, où elle apparaît dans différents récits et croyances liés à la nature et au monde féerique.
Certaines espèces du genre *Crataegus* se rencontrent également en Afrique du Nord, en Asie et en Amérique du Nord. La grande diversité du genre explique que toutes les aubépines ne soient pas employées de la même manière ni étudiées pour les mêmes usages.
Au-delà de sa présence dans les paysages et les récits populaires, l’aubépine possède une longue histoire dans l’herboristerie européenne. Ses usages traditionnels se sont progressivement concentrés autour de la sphère nerveuse et de la sphère cardiaque.
Portrait botanique
L’aubépine est un arbuste ou un petit arbre épineux pouvant atteindre plusieurs mètres de hauteur. Son écorce, relativement lisse et grisâtre sur les jeunes rameaux, devient progressivement plus brune et écailleuse avec l’âge.
Ses feuilles vertes sont découpées en plusieurs lobes. Au printemps apparaissent de petites fleurs blanches, parfois légèrement rosées, regroupées en bouquets. Elles donnent ensuite naissance à de petits fruits rouges appelés cenelles, qui peuvent persister après la chute des feuilles.
Les deux espèces se distinguent notamment par la morphologie de leurs fleurs : Crataegus monogyna possède généralement un style, tandis que Crataegus laevigata en présente généralement deux.
C’est de cette particularité que viennent leurs noms d’ «aubépine à un style » et d’ «aubépine à deux styles ».
Usages traditionnels
Les feuilles et les sommités fleuries de l’aubépine occupent depuis longtemps une place importante dans les traditions herboristes européennes.
Elles ont traditionnellement été utilisées dans des préparations associées aux périodes de nervosité, d’agitation et de tension émotionnelle, ainsi que pour accompagner le repos et le sommeil.
L’aubépine possède également une longue tradition d’utilisation autour de la sphère cardiaque, notamment lorsque certaines manifestations sont associées à la nervosité ou aux émotions.
Les fruits ont quant à eux connu différents usages traditionnels, notamment alimentaires.
Usages documentés
Les feuilles et les sommités fleuries de l’aubépine renferment plusieurs familles de constituants naturels, parmi lesquelles :
• Des flavonoïdes, notamment des dérivés de l’hypéroside, du rutoside et de la vitexine ;
• Des proanthocyanidines, parmi lesquelles des procyanidines oligomériques ;
• Des acides phénoliques, notamment les acides caféique et chlorogénique ;
• Des composés triterpéniques ;
• Des stérols ;
• Différents autres constituants présents dans des proportions variables selon l’espèce et la partie de la plante étudiée.
La composition peut varier selon l’espèce d’aubépine, l’origine géographique, les conditions de culture, la période de récolte, le séchage et la proportion de feuilles et de fleurs utilisée.
L’utilisation traditionnelle de la feuille accompagnée de fleurs d’aubépine fait l’objet d’une monographie européenne de l’EMA, l’Agence européenne des médicaments. Cette évaluation a été menée par le HMPC, le comité scientifique de l’EMA spécialisé dans les médicaments à base de plantes.
Sur la base de leur usage de longue date, le HMPC reconnaît l’utilisation traditionnelle de certaines préparations à base de feuilles et de fleurs d’aubépine pour soulager les symptômes légers du stress mental et favoriser le sommeil.
Chez l’adulte, la monographie reconnaît également leur utilisation traditionnelle pour accompagner certains troubles cardiaques temporaires associés à la nervosité, comme les palpitations, uniquement après qu’une affection médicale sérieuse a été exclue par un médecin.
La mention « usage traditionnel » ne signifie pas que l’efficacité clinique de ces préparations a été suffisamment démontrée par des essais cliniques. Elle indique que leur utilisation est considérée comme plausible et qu’elle est documentée depuis au moins trente ans, dont quinze années au sein de l’Union européenne.
Il est également important de préciser que la monographie concerne des préparations médicinales, des dosages et des conditions d’utilisation définis. Ses conclusions ne peuvent pas être automatiquement transposées à toutes les boissons ou infusions alimentaires contenant de l’aubépine.
À savoir : la présence d’un constituant dans les feuilles et les fleurs ne signifie pas qu’il passe intégralement dans l’eau ni dans les mêmes proportions. La composition d’une infusion dépend notamment de la quantité de plante utilisée, de la température de l’eau et de la durée d’extraction.
Une infusion d’aubépine ne doit pas être présentée comme un traitement d’un trouble cardiaque, du stress ou de l’insomnie.
Mon histoire avec la plante
L’aubépine illustre particulièrement bien la philosophie de Racines d’Afrique : faire dialoguer les traditions botaniques plutôt que les opposer.
Plante emblématique de l’herboristerie européenne, elle rencontre dans nos créations des plantes issues d’autres territoires et d’autres traditions.
De la terre à Racines d’Afrique
L’aubépine sélectionnée par Racines d’Afrique est cultivée et récoltée en Belgique. Cette origine locale permet à une plante emblématique des paysages européens de prendre pleinement place dans notre dialogue entre les traditions botaniques d’ici et d’ailleurs.