Origine · EuropePlante européenne
L’histoire de la plante
Avec ses feuilles arrondies, plissées comme un éventail et bordées de petites dents, l’alchémille possède une silhouette immédiatement reconnaissable.
Après la pluie ou au petit matin, des gouttelettes d’eau viennent se déposer à la surface de ses feuilles. Elles s’y rassemblent comme de petites perles brillantes, donnant à la plante une apparence presque précieuse.
L’alchémille commune est originaire d’Europe. Elle pousse principalement dans les prairies, les pâturages, les sous-bois clairs, les talus et les régions montagneuses.
Elle apprécie les sols frais et suffisamment humides. Selon les espèces et les territoires, certaines alchémilles peuvent être rencontrées jusqu’à environ 2 000 mètres d’altitude.
Son histoire est intimement liée aux gouttelettes qui apparaissent sur ses feuilles. Celles-ci peuvent provenir de la pluie ou de la rosée, mais également d’un phénomène naturel appelé guttation, par lequel la plante libère de l’eau au niveau des bords de ses feuilles.
Au Moyen Âge, cette eau végétale fascinait les alchimistes, qui la recueillaient et lui attribuaient une valeur particulière. Le nom Alchemilla, que l’on peut rapprocher de l’idée de « petite alchimiste », rappelle cet héritage.
La forme enveloppante de ses feuilles a également inspiré plusieurs noms populaires. Elle a notamment été comparée à un manteau, donnant naissance à l’appellation « manteau de Notre-Dame », tandis que ses lobes arrondis évoquaient pour certains une patte de lion.
Au-delà de ces représentations, l’alchémille possède une longue histoire dans les pratiques herboristes européennes. Ses usages se sont progressivement concentrés autour de son caractère astringent, du confort digestif et de la sphère féminine.
Portrait botanique
L’alchémille est une petite plante vivace généralement haute de 10 à 40 centimètres. Elle se développe à partir d’un rhizome ligneux et forme des touffes basses et compactes.
Ses feuilles sont arrondies ou réniformes, plissées et découpées en plusieurs lobes peu profonds. Leur bord est finement denté et leur surface peut être légèrement velue.
Les nervures, bien visibles, rayonnent depuis la base de la feuille et renforcent son apparence d’éventail.
La floraison se produit généralement entre la fin du printemps et l’été. Les fleurs sont très petites, dépourvues de véritables pétales et réunies en bouquets lâches. Leur teinte vert jaunâtre reste discrète, mais apporte à la plante une légèreté particulière.
Le genre Alchemilla comprend de nombreuses espèces très proches, parfois difficiles à différencier. Dans certaines flores, l’appellation Alchemilla vulgaris peut désigner un agrégat regroupant plusieurs espèces apparentées. L’identité botanique indiquée sur la fiche technique de la matière première doit donc toujours être vérifiée.
Usages traditionnels
Dans les traditions herboristes européennes, l’alchémille a notamment été employée pour son caractère astringent.
Elle a ainsi été utilisée dans des préparations destinées à accompagner certains inconforts digestifs passagers, notamment les selles liquides légères.
La plante occupe également une place particulière dans les traditions liées à la sphère féminine. Elle a été intégrée à des préparations associées aux inconforts menstruels, au syndrome prémenstruel et aux règles abondantes.
D’autres usages traditionnels sont rapportés autour de la grossesse, de l’accouchement ou du post-partum. Ils demandent cependant une prudence particulière, car ils ne reposent pas sur des données cliniques suffisantes et ne doivent pas être transposés en recommandations destinées aux femmes enceintes.
En usage externe, l’alchémille a aussi été employée dans des préparations destinées à la peau ou à la bouche, notamment en raison de sa richesse en tanins.
Ces usages sont présentés dans une perspective historique et ethnobotanique. Ils ne constituent ni des indications thérapeutiques ni une démonstration d’efficacité.
Usages documentés
Les parties aériennes de l’alchémille contiennent notamment :
• Des tanins, parmi lesquels des tanins ellagiques, galliques et condensés
• Des flavonoïdes, notamment des dérivés de la quercétine et du kaempférol
• Des proanthocyanidines
• Des acides phénoliques, parmi lesquels les acides gallique et ellagique
• Des triterpènes et des phytostérols
La richesse de la plante en tanins explique en grande partie sa saveur astringente ainsi que plusieurs de ses emplois traditionnels.
La composition peut toutefois varier selon l’espèce d’alchémille étudiée, la partie utilisée, le lieu de croissance, la période de récolte et les méthodes de séchage ou d’extraction.
Les recherches consacrées à l’alchémille ont principalement étudié ses tanins, ses flavonoïdes et ses autres composés phénoliques.
Différents travaux expérimentaux se sont intéressés aux activités antioxydantes, anti-inflammatoires, antimicrobiennes, astringentes ou cicatrisantes d’extraits d’Alchemilla.
Ces résultats proviennent toutefois majoritairement d’études réalisées en laboratoire ou sur des modèles expérimentaux. Les espèces, les parties de plante, les solvants et les concentrations employés varient considérablement d’une étude à l’autre.
Quelques études chez l’être humain ont exploré certaines préparations à base d’alchémille, notamment en usage externe. Les données cliniques restent néanmoins trop limitées pour établir solidement son efficacité dans la plupart de ses emplois traditionnels.
Il n’existe notamment pas suffisamment d’essais cliniques rigoureux pour affirmer qu’une infusion d’alchémille régule le cycle menstruel, modifie la production hormonale, facilite l’accouchement ou traite une affection gynécologique.
À savoir : la présence d’un constituant dans la plante ne signifie pas qu’il passe intégralement dans l’eau. Une infusion ne possède pas nécessairement la même composition ni la même concentration qu’un extrait étudié en laboratoire.
De la terre à Racines d’Afrique
L’alchémille sélectionnée par Racines d’Afrique est cultivée et récoltée en Belgique.
Ses parties aériennes sont récoltées pendant la période de floraison, puis séchées avec précaution afin de préserver leur couleur et leur qualité.
Cette origine belge permet à l’alchémille de représenter pleinement le versant européen de l’herboristerie sans frontières imaginée par Racines d’Afrique.